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Le secret d'Apple

En 2010, les revenus d'Apple Inc. ont dépassés ceux de Microsoft. Pourtant, la firme a été plusieurs fois au bord de la faillite et elle a un temps dû compter sur l'aide de Microsoft pour l'aider à redresser ses finances. Elle a changé plusieurs fois de dirigeant jusqu'en 1997.

Sommaire
  • Histoire
  • La méthodologie Steve Jobs
    • Une vision sur l'avenir
    • Le design
    • L'expérience utilisateur
    • La recherche de la perfection et la précision
    • Le minimalisme
  • Steve Jobs vs. Bill Gates
  • Le secret par Steve Jobs

Histoire

En 1983, John Sculley qui avait eu un grand succès aux commandes de PepsiCo, est engagé pour diriger l'entreprise. Il fait passer le chiffre d'affaire de 800 millions à 8 milliards par an. Il dirigera l'entreprise jusqu'en 1993.

En 1986, un conflit se déclare entre Steve Jobs et Sculley, chacun essayant de pousser l'autre vers la sortie. Le conseil d'administration ne faisait pas confiance à Jobs, trop instable pour diriger l'entreprise et il est démis de ses fonctions.

Il part avec une partie des ingénieurs pour créer Next. Sculley développe le Newton, un assistant personnel qui fera perdre plus d'argent à la firme qu'il n'en rapportera. Il commettra plusieurs erreurs, entre autres le choix de processeurs PowerPC plutôt qu'Intel, et des ordinateurs mal conçus. Ses successeurs feront pire encore, et vont jusqu'à accorder la licence du système d'exploitation du Mac à des constructeurs tiers. Celui-ci d'ailleurs devient insuffisant pour les nouveaux matériels.

La firme, incapable de produire un nouveau système d'exploitation, est au bord de la faillite en 1997. Elle reprend Steve Jobs a sa tête et avec lui, le système d'exploitation de Next, basé sur Unix.
Lorsqu'il arrive et qu'on lui présente les produits de la firme, il est effaré par le nombre de modèles différents qui sont proposés. Il trace alors au marqueur sur un tableau blanc le schéma ci-dessous: Apple ne fabriquera désormais que 4 ordinateurs.

Depuis l'arrivée de Jobs, l'entreprise n'a connu que des succès, avec notamment l'iMac, l'iPod, l'iPhone et l'iPad. Qu'est-ce que Jobs a de magique, qui fait que tous les produits obtiennent l'adhésion du public?

La réponse nous est donnée par John Sculley, dans une interview pour le magazine en ligne CultOfMac.com.

Incidemment, on verra que beaucoup des qualités que Sculley attribue à Jobs dans ces citations, et qu'il sait insuffler aux produits de la firme, sont aussi des qualités qui appartiennent aux produits de Google.

Et selon Sculley, les choses n'ont pas changé depuis les premiers jours de la firme:

Ayant été là dès les premiers jours, je ne vois aucun changement dans les premiers principes de Steve - sauf qu'il est devenu meilleur et encore meilleur en cela.

La méthodologie Steve Jobs

Sa méthodologie se confond totalement avec le fonctionnement de l'entreprise Apple.

Une vision sur l'avenir

C'était quelqu'un qui voyait loin.
Il croyait que l'ordinateur allait devenir un produit de consommation. C'était une idée choquante au début des années 80.
Il sentait que l'ordinateur allait changer le monde.

L'exemple le plus récent de cette capacité à savoir ce dont les gens pourraient avoir besoin est la tablette électronique. A la fin de notre article, les liens montrent la réaction de certains journalistes à l'annonce de ce nouvel objet: "Les gens n'ont pas besoin de tablette." Les ventes prouveront le contraire.

Secret du succès d'Apple
Le secret du succès d'Apple selon Steve Jobs: Une gamme réduite.

Une gamme de produits réduite

Steve Jobs donnait en avril 2011 ce conseil à Larry Page, nouveau PDG de Google : une entreprise doit n'avoir que 5 produits. C'est bien le cas d'Apple, en voici la liste: iPod, iPad, iPhone, Mac Pro et Mac air, l'ordinateur portable. C'est lui qui a tracé le schéma à droite à l'usage de ses ingénieurs.

Un conseil qui a été écouté puisque Google depuis à réduit considérablement le nombre de ses services et logiciel. Mais est-ce bien là ce qui fait la réussite d'Apple?
Au contraire de la firme de Steve Jobs, Samsung propose une quantité de smarphones, chacune offrant un service particulier: l'un un stylet, l'autre un picoprojecteur intégré, etc...
En avril 2012, Samsung est devenu le premier fabricant de smartphones devant Apple et Nokia. Peut-être qu'Apple a peu de produits parcequ'il est plus facile à un seul homme de les superviser.

Le design

La grande habilité de Steve est qu'il est un grand designer. Chaque chose doit être conçue avec beauté même si elle n'est destinée à être vue par personne.
Il n'était pas un designer mais pensait en système.

Ces deux citations prises à des endroits différents de l'interview semblent contradictoires. En fait, ce que veut dire Sculley, est que Jobs veut faire des objets beaux et apprécie la beauté en toute chose, mais il ne la crée pas lui-même. Ce qu'il sait créer, c'est un système pour les produire.

L'expérience utilisateur

Steve en particulier estime que vous devez procéder à la conception du point de vue de l'utilisateur.
Les spécialistes du marketing à cette époque demandaient au gens: Qu'est-ce que vous voulez? Mais comment demander à quelqu'un s'il a besoin d'un ordinateur graphique quand il n'a aucune idée de ce qu'est un ordinateur graphique?
L'iPod est un exemple parfait de la méthodologie de Steve consistant à partir de l'utilisateur pour arriver à l'ensemble du système de bout en bout.

La facilité d'utilisation des produits d'Apple, et en premier lieu, celle du système d'exploitation des Mac, à toujours été le point fort de la firme. On comprend pourquoi.

La recherche de la perfection et la précision

C'était aussi quelqu'un qui croyait en la précision du détail à chaque étape.
Il était perfectionniste même dès les premiers jours.
Et il forçait constamment les gens à réhausser leurs attentes au-delà de ce qu'ils pensaient pouvoir faire. Ainsi ils arrivaient à produire quelque chose dont ils ne se seraient jamais cru capables.

Cette constatation de Sculley est parfaitement confirmée par tous les livres écrit sur l'histoire d'Apple et cela dès les premier jours où Steve Wozniak travaillait sur l'Apple II, Jobs alors l'incitait continuellement à ajouter de nouvelles fonctions et à l'améliorer pour en faire le meilleur.

Le minimalisme

Ce qui rend la méthodologie de Steve différente de celle de tout le monde est qu'il a toujours cru que les décisions les plus importantes ne sont pas sur ce que vous devez faire, mais sur ce que vous ne devez pas faire.
Il simplifie la complexité.

Reduire l'objet au minimum, c'est en programmation ce qu'on appelle l'optimisation: on réécrit un programme pour progressivement le simplifier et le rendre plus performant. Un héritage de l'apprentissage de Jobs comme programmeur?
Le minimalisme ici consiste à simplifier toujours plus, à faire des objets petits, des interfaces simples.

Cela nous fait penser aussi à la façon dont Facebook à pris l'ascendant sur MySpace. Alors que MySpace multipliait les étapes pour afficher plus de publicités, engranger plus de recettes, Facebook rendait l'interface de plus en plus simple. Le second a pris l'essentiel de ses adhérents au premier.

Steve Jobs vs. Bill Gates

La seule chose qui sépare Steve Jobs d'autres personnes comme Bill Gates - Bill était brillant aussi - mais Bill n'a jamais été intéressé par le bon goût. Ce qui l'a toujours intéressé est d'être en mesure de dominer un marché.

Cette comparaison est l'avis de John Sculley, mais en regardant l'histoire des deux hommes et leurs sociétés, cela semble parfaitement exact.

La philosophie de Microsoft est de le sortir et de le corriger plus tard. Steve ne ferait jamais ça. Il ne sort rien jusqu'à ce que cela soit parfait.

Quelque chose qui s'applique parfaitement au système Vista. Il a fallu attendre Seven pour qu'il fonctionne de façon satisfaisante.

AppleTalk a été brillant à son époque. C'est un autre exemple d'application d'une approche minimaliste et de résoudre un problème dont personne ne pensait qu'il était un problème qu'il fallait résoudre.

Les média ont tendance à accoler le qualificatif de visionnaire aux entrepreneurs qui réussissent. Bill Gates était-il un visionnaire? Pas au niveau des produits. Mais dans le domaine du marketing, peut-être.

Steve était incroyablement méthodique.

Cela contredit un peu l'image que l'on pouvait avoir d'un personnage inventif mais fantasque, se nourissant uniquement de pommes (à une époque).

Quand il sait que quelque chose va être important, il tente d'en absorber autant qu'il le peut.

Cette tendance est complémentaire de la suivante, qui consiste à tout contrôler lui-même.

Dans chaque cas, il a toujours recruté les personnes les plus compétentes qu'il pouvait trouver sur le terrain. Et il a fait personnellement tout le recrutement pour son équipe. Il n'a jamais délégué cela à quelqu'un d'autre.
"La façon dont je tiens à travailler est là où je touche à tout."
Steve avait une règle qu'il ne devait jamais y avoir plus de cent personnes dans l'équipe Mac.

De ce profil émerge l'image d'un dictateur, mais très différent de Gates qui veut contruire un empire (dont il semble se désintéresser par la suite), alors que Jobs construit une entreprise autour de lui.

D'une part, il travaille à la «changer le monde», le grand concept. À un autre niveau, il travaille aux détails de ce qu'il faut pour réellement construire un produit et la conception du logiciel, le matériel, la conception des systèmes et, éventuellement, les applications, les produits périphériques qui s'y connectent.

L'entreprise Apple, selon la description qu'en fait Sculley, semble être la personnification d'une personne, un être vivant transformé en une grande machine à produire des objets, et ces objets sont la concrétisation de ses propres rêves.

Le secret par Steve Jobs lui-même

Une dernière citation de Steve Jobs:

La plupart des gens font l'erreur de penser que le design est ce à quoi cela ressemble. Les gens pensent que c'est le vernis - que les designers ont pris cette boite en main et dit : 'Faisons que cela ait l'air joli!'.
Ce n'est pas ce que nous pensons que le design est, il ne s'agit pas seulement ce que à quoi cela ressemble et ce que l'on ressent. Le design est la façon dont cela fonctionne. 

Pour donner un exemple appliquant ce principe, le fait que les iPhones soient cerclés d'une armature de métal, qui est en fait l'antenne, n'est pas fait seulement pour faire joli. Cela permet plutôt de placer l'antenne à l'extérieur alors qu'elle était jusque là dans l'appareil, et de gagner de la place pour la batterie...

Référence

  • L'interview de John Sculley. (Anglais).
  • Savoir dire non. (Anglais).
    Le secret d'Apple c'est aussi de refuser tous les produits qui ne sont pas parfaits. L'article cite St-Exupery:
    • "Un concepteur sait qu'il a atteint la perfection non quand il n'y a plus rien à ajouter mais quand il n'y a plus rien à enlever."
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